Flash Shelton, animateur de l’émission Squatters, a découvert en 2019 à ses dépens la réalité des droits des squatters aux États-Unis. Alors qu’il avait placé sa mère dans sa propre résidence pendant le deuil familial, des intrus ont pris possession de la maison de son père décédé. Lorsqu’il a alerté les forces de l’ordre, celles-ci lui ont répondu qu’elles ne pouvaient rien faire. Ce jour-là, Shelton a compris que le système juridique américain ne protégeait pas les propriétaires.

Ce qui choque le plus les Américains, explique-t-il, n’est pas seulement la possibilité pour des squatters d’occuper illégalement un logement, mais surtout la manière dont la loi les traite une fois installés. Selon Shelton, tous les droits reviennent automatiquement au squatter, même sans bail ni preuve de paiement de loyer. « Il suffit qu’un squatter crée un doute raisonnable pour se voir accorder tous les droits d’un locataire », précise-t-il.

Un système juridique biaisé

Shelton révèle que certains squatters obtiennent même des baux en promettant frauduleusement de payer un loyer. Une fois le document signé, ils sont traités comme des locataires légitimes. « Si un contrat est signé sous de fausses déclarations, il serait normalement nul et non avenu, souligne-t-il. Pourtant, dans ce cas, la loi les protège.

« Tous les droits reviennent au squatter, même sans bail ni preuve de paiement. » Flash Shelton

Pour Shelton, l’origine de ce déséquilibre remonte à une époque où le système était conçu pour protéger les locataires pauvres face aux propriétaires riches. « Mais aujourd’hui, les propriétaires ne sont pas tous fortunés, et posséder un bien hypothéqué ne signifie pas disposer de liquidités », rappelle-t-il. Le système, selon lui, est devenu défavorable et inefficace pour les propriétaires.

Interrogé sur les législateurs qui défendent ce système, Shelton estime qu’ils devraient mieux comprendre la situation des familles incapables de se défendre financièrement. « Certains perdent leur logement parce qu’ils n’ont pas les moyens de se battre », déplore-t-il. C’est cette injustice qui l’a poussé à devenir activiste anti-squatters, puis créateur de contenu.

Shelton a acquis une notoriété en publiant des vidéos virales sous le nom de « Squatter Hunter », où il confronte des squatters présumés ou analyse des litiges immobiliers. Son travail a donné naissance à une émission sur A&E, également intitulée Squatters. Aujourd’hui, il utilise les mêmes tactiques légales que les squatters pour aider les propriétaires à récupérer leur bien.

« Certains perdent leur logement parce qu’ils n’ont pas les moyens de se battre. »

« J’ai dû me former moi-même, explique-t-il. J’ai appris comment les squatters exploitent la loi, et j’ai utilisé ces mêmes mécanismes pour reprendre possession de la maison familiale. » Shelton insiste sur le fait qu’il agit dans le respect de la légalité, sans recourir à la violence. « Je ne prends pas les armes, je ne mets personne en danger. Tout est basé sur des recherches approfondies pour garantir la sécurité de tous.

Les mêmes armes que les squatters

Avec le lancement de sa nouvelle émission le 12 mai, Shelton souhaite sensibiliser le public et aider les familles américaines incapables de se défendre juridiquement. « Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est l’opportunité d’élargir cette prise de conscience et d’aider davantage de familles », confie-t-il. Avant l’émission, il avait déjà attiré l’attention sur ce problème, mais la télévision lui permet d’atteindre un public encore plus large.

Sources :
  • New York Post

Votre soutien est plus essentiel que jamais.

Cet article vous est offert gratuitement par NATIONO. Notre rédaction garantit son indépendance en refusant toute influence. Votre contribution, même modeste, est le moteur de notre liberté.

Soutenir NATIONO