À quelques jours d’une élection cruciale en Hongrie, Donald Trump et son équipe ont déployé une stratégie d’influence sans précédent, mêlant messages sur les réseaux sociaux, déplacements diplomatiques et promesses économiques pour soutenir la candidature du Premier ministre Viktor Orbán. Cette mobilisation s’inscrit dans une politique étrangère où l’ex-chef d’État américain n’hésite plus à s’immiscer ouvertement dans les affaires intérieures de pays étrangers, rompant avec la tradition de neutralité diplomatique des États-Unis. Pour ses détracteurs, cette approche relève davantage d’une quête de loyauté idéologique que d’une défense des intérêts américains.
Cette stratégie, qui vise à récompenser les dirigeants partageant ses vues, a été déployée à plusieurs reprises ces dernières années. En Argentine, l’administration Trump a injecté 20 milliards de dollars dans l’économie locale avant de menacer de retirer son soutien si le scrutin ne lui était pas favorable. Au Honduras, l’ex-président a soutenu un candidat conservateur tout en graciant un ancien dirigeant du même parti. Ces interventions, selon des observateurs comme David Pressman, ancien ambassadeur américain en Hongrie sous l’administration Biden, risquent de « dévaluer » la relation diplomatique en la réduisant à une simple transaction politique plutôt qu’à une vision stratégique.
L'Europe face au jeu d'influence de Trump
Le scrutin hongrois du 12 avril constitue l’un des tests les plus significatifs de cette politique. Orbán, premier dirigeant européen à avoir soutenu Trump en 2016, est resté un allié indéfectible malgré les périodes de disgrâce politique de l’ex-président. Leurs échanges publics, comme celui de cette semaine où Trump a salué Orbán lors d’un meeting retransmis en direct, illustrent l’ampleur de cette alliance. « J’aime la Hongrie, j’aime Viktor », a déclaré Trump, tandis que son vice-président JD Vance, en visite à Budapest, a réitéré son soutien au Premier ministre hongrois.
Cette alliance ne se limite pas à des déclarations. Trump a multiplié les interventions publiques en faveur d’Orbán, allant jusqu’à publier des messages sur Truth Social incitant les Hongrois à voter pour lui, ou promettant de mobiliser « toute la puissance économique des États-Unis » pour soutenir Budapest si nécessaire. Cette proximité idéologique se retrouve chez d’autres dirigeants soutenus par Trump, comme le Premier ministre japonais Sanae Takaichi ou le président argentin Javier Milei, tous deux partisans d’une ligne dure en matière d’immigration et de souveraineté nationale. À Varsovie, lors du dernier CPAC, la secrétaire d’État Kristi Noem avait même lié le soutien américain à l’élection d’un candidat conservateur polonais.
Orbán, un allié indéfectible mais affaibli
Mais les sondages indépendants laissaient entrevoir une situation plus incertaine pour Orbán à l’approche du vote. Si Trump a longtemps incarné une figure de proue pour les mouvements souverainistes européens, son image s’est ternie en Europe après ses propositions controversées, comme l’achat du Groenland ou son soutien à une guerre contre l’Iran. Son influence pourrait ainsi se révéler moins déterminante qu’auparavant.
- Times of Israel
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