Le département du Trésor américain a lancé mercredi la commercialisation d'une nouvelle pièce de un dollar, frappée à l'effigie de Donald Trump, dans le cadre des célébrations du 250e anniversaire de la nation. Malgré son apparence dorée, la pièce ne contient aucun métal précieux et est majoritairement composée de cuivre, de nickel et de manganèse. Une rupture symbolique avec des siècles de tradition monétaire américaine, qui interdisait jusqu'alors la représentation de figures vivantes sur les pièces en circulation.

La pièce, disponible en lots de 25 ou 100 unités à des prix allant de 61 à 154 dollars, est légale et peut être utilisée comme moyen de paiement malgré son statut de pièce de collection. Les acheteurs en ligne doivent patienter plus d'une heure pour accéder au site de l'Hôtel des Monnaies de Philadelphie, submergé par la demande. Chaque pièce est vendue avec une majoration de plus de 50 % par rapport à sa valeur faciale.

Une tradition monétaire brisée

Cette initiative s'inscrit dans une série de mesures symboliques portées par l'administration Trump pour marquer son héritage. En mai dernier, le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait proposé un billet de 250 dollars à l'effigie du président, une proposition toujours bloquée au Congrès. Par ailleurs, le visage de Trump n'apparaîtra pas sur les nouveaux billets de 100 dollars, mais sa signature y figurera dès leur mise en circulation.

Une pièce de un dollar à 154 dollars : le symbole d'un pouvoir qui s'affiche même sur les écus.

La loi de 2020 autorisant la frappe de pièces commémoratives pour le 250e anniversaire précise que les figures vivantes ne peuvent apparaître que sur l'avers des pièces, et non sur le revers. Un recours juridique avait été déposé en début d'année par un avocat retraité de l'Oregon, mais il a été abandonné après le refus d'un juge fédéral d'interdire la production des pièces.

Trump devient ainsi le deuxième président en exercice à figurer sur une pièce américaine, un siècle après Calvin Coolidge, dont le visage ornait un demi-dollar célébrant le 150e anniversaire du pays. Les premières esquisses de la pièce de Trump représentaient le geste du président lors de l'attentat de Butler en juillet 2024, avec les mots « Fight, Fight, Fight », mais le département du Trésor a finalement opté pour le sceau présidentiel en guise de revers.

Trump rejoint Coolidge dans l'histoire monétaire américaine, mais avec une différence de taille : il est encore en vie.

Neuf millions de pièces ont été frappées dès juillet à Philadelphie, dont 250 000 exemplaires estampillés d'une marque spéciale pour le 4 juillet, disséminés aléatoirement dans les lots mis en vente en ligne. Ces pièces, bien que sans valeur intrinsèque, attirent une demande spéculative inédite, reflétant un engouement politique autant que numismatique.

La spéculation s'empare des pièces commémoratives

Le département du Trésor a précisé que la pièce n'était pas destinée à une circulation générale, mais réservée aux collectionneurs. Pourtant, son statut de monnaie légale lui permet d'être utilisée comme tout autre dollar américain. La ruée actuelle illustre l'attrait pour les symboles politiques dans un contexte de polarisation accrue aux États-Unis.

Sources :
  • Daily Mail

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