Les résultats des élections régionales en Saxe-Anhalt, attendus ce dimanche 23 juin, pourraient consacrer l’entrée de l’AfD au pouvoir pour la première fois dans un exécutif régional allemand. Le parti d’extrême droite, dirigé par Alice Weidel et Tino Chrupalla, caracole en tête des sondages dans ce Land de l’ex-RDA, marqué par un chômage structurel et une désindustrialisation persistante.
Une percée historique en ex-RDA
Volker Scheurell, député AfD du Bundestag et élu local en Saxe-Anhalt, a accordé un entretien exclusif au JDD pour expliquer cette dynamique. Selon lui, la montée en puissance de son parti repose sur un constat simple : « Les gouvernements successifs, qu’ils soient chrétiens-démocrates ou sociaux-démocrates, ont oublié le peuple allemand ». Une phrase qui résume l’argumentaire central de l’AfD, axé sur la défense des intérêts nationaux et la critique des politiques migratoires.
Scheurell pointe du doigt la gestion des flux migratoires par Berlin, qu’il qualifie de « laxiste et irresponsable ». Pour lui, cette politique a aggravé les tensions sociales et accru la précarité dans des régions déjà fragilisées. « Les citoyens ne supportent plus de voir leurs impôts financer des logements pour des clandestins tandis que les hôpitaux manquent de personnel et les écoles de professeurs », assène-t-il.
Le rejet des élites et des politiques migratoires
L’AfD mise également sur un discours économique protectionniste, promettant de relocaliser les industries et de soutenir les PME locales. Scheurell évoque un « abandon » des territoires ruraux au profit des grandes métropoles, où se concentrent les richesses et les emplois. « La Saxe-Anhalt n’est pas Berlin, et Berlin ne le comprend pas », résume-t-il.
Les observateurs politiques s’interrogent sur l’impact d’une telle victoire. Si l’AfD obtient une majorité relative, elle devra composer avec les autres forces politiques pour gouverner, ce qui pourrait limiter sa marge de manœuvre. Certains craignent un blocage institutionnel, d’autres y voient au contraire une opportunité pour l’Allemagne de rompre avec les consensus européens traditionnels.
Dans un contexte où l’extrême droite progresse dans plusieurs Länder, la Saxe-Anhalt pourrait devenir un laboratoire politique. Scheurell se dit prêt à assumer des responsabilités, affirmant que son parti « ne craint pas le pouvoir ». Une déclaration qui interroge sur les futures alliances et les compromis à venir.
Les électeurs de Saxe-Anhalt, souvent perçus comme les laissés-pour-compte de la réunification, semblent de plus en plus réceptifs à ce discours. Les sondages donnent l’AfD entre 30 % et 35 % des intentions de vote, devant les sociaux-démocrates et les chrétiens-démocrates, traditionnellement dominants dans la région.
Les promesses économiques de l'AfD
Quoi qu’il advienne dimanche, une chose est sûre : l’AfD n’est plus un phénomène marginal. Son score pourrait redessiner la carte politique allemande et forcer les autres partis à reconsidérer leur stratégie.
- Le JDD
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