Les bijoux saisis le 19 mai dernier lors d’un perquisition historique dans l’ancien bureau de l’ex-président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero ont été estimés à 1,3 million d’euros par une expertise judiciaire. Cette évaluation, commandée par le magistrat José Luis Calama de l’Audience nationale, vise à déterminer la nature, l’authenticité, la valeur de remplacement, le fabricant et la période de fabrication des pièces. La maison de joaillerie Ansorena, historique à Madrid, a mené l’analyse en collaboration avec l’Institut gemmologique espagnol.

José Luis Rodríguez Zapatero, qui doit comparaître les 17 et 18 juin devant l’Audience nationale, a justifié la présence de ces bijoux par des héritages de sa mère et de sa belle-mère, ainsi que par des cadeaux non détaillés. Il affirme que ces pièces se trouvaient dans son bureau car il occupait une location sans coffre-fort, selon les propos rapportés par Luis Arroyo, président de l’Ateneo et ancien collaborateur à la Moncloa.

Une expertise sous haute surveillance

Lors de ce même perquisition, les enquêteurs ont découvert dans le coffre-fort trois colliers argentés — dont un orné de 13 pierres bleues, un autre de cinq grenats et un troisième de pierres vertes — ainsi que trois bracelets argentés aux pierres multicolores, deux paires de boucles d’oreilles et une bague ornées de pierres vertes. Deux ensembles de boucles d’oreilles et de bagues argentées, un troisième collier vert avec une croix dorée et argentée, et deux bracelets dorés figuraient également parmi les pièces saisies.

1,3 million d’euros en bijoux dans un bureau sans coffre-fort : l’argument de l’héritage sonne creux.

Les agents ont aussi saisi trois montres : une Krono gravée de l’inscription « tus compañeros », une Dogna et une Lorenz Theatre. Dans un sac estampillé « Présidence du gouvernement », ils ont retrouvé trois paires de boucles d’oreilles dorées à boules blanches, un bracelet blanc et vert, une bague argentée à boule blanche, une montre Longines dorée et une Omega ornée d’un pendentif numéroté 13.

D’autres pièces ont été saisies : une bague argentée à pierre violette, une croix dorée et argentée, un bracelet doré à pierres blanches, un collier doré à trois motifs, une épingle dorée, une chaîne du même métal, un cordon argenté, une boule blanche et une boucle d’oreille dorée de forme ovale.

L’expertise judiciaire en cours doit permettre d’établir si ces bijoux, dont la valeur dépasse le million d’euros, correspondent bien aux déclarations de Zapatero. Les enquêteurs pourraient étendre leur analyse à d’autres aspects, une fois cette première évaluation achevée.

Zapatero face à ses contradictions : des pierres précieuses qui pèsent plus lourd que ses déclarations.

Les prochaines auditions de l’ancien Premier ministre, prévues dans deux semaines, s’annoncent sous haute tension. Les révélations sur l’origine de ces pièces de valeur pourraient relancer les questions sur la gestion des biens publics et privés par les responsables politiques espagnols.

Les pièces saisies : un inventaire qui interroge

Le montant total de ces bijoux interroge d’autant plus que leur présence dans un bureau sans coffre-fort semble peu compatible avec leur valeur. Les enquêteurs devront trancher entre l’explication familiale avancée par Zapatero et les soupçons de dissimulation qui pèsent désormais sur cette affaire.

Sources :
  • La Razón

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