Trente membres, dix élus de gauche. Dans la salle, l'atmosphère était électrique lorsque Charles Alloncle, député allié du Rassemblement National, a présenté son rapport sur la gestion de l'audiovisuel public. Pour ses détracteurs, le simple fait qu'un élu classé à droite puisse s'exprimer publiquement sur France Télévisions et Radio France relève de l'inacceptable. « On doit avoir un geste de courage qui est de censurer Charles Alloncle pour l'ensemble de son œuvre », a lancé sans détour Jérémie Iordanoff, écologiste, avant que les portes ne se referment sur une avalanche de critiques.
Les Insoumis, les Verts et les socialistes se sont succédé pour fustiger l'élu ciottiste. Ils lui reprochent son usage des réseaux sociaux, son obsession pour les rémunérations des producteurs et ses passages répétés sur les médias de Vincent Bolloré. Certains vont jusqu'à l'accuser d'être sous l'influence de l'homme d'affaires breton, voire d'œuvrer à la « trumpisation » de la France. Une rhétorique qui en dit long sur la tolérance de la gauche envers les opinions divergentes.
La gauche contre-attaque sur le rapport Alloncle
Pourtant, le rapport Alloncle n'a pas été enterré. Il a été rendu public, contrairement à la plupart des travaux parlementaires. Seuls les rapports confidentiels, comme celui de 2011 sur le financement des syndicats, restent secrets. Mais ceux-ci étaient menés à huis clos. Ici, les auditions se sont déroulées à visage découvert, dans le respect des règles démocratiques. Une transparence que la gauche semble vouloir sanctionner.
Au-delà des polémiques, des changements pourraient émerger. Stéphane Sitbon-Gomez, numéro deux du groupe France Télévisions, a évoqué une réflexion en cours sur la place des éditorialistes à l'antenne. Un détail qui en dit long sur les tensions internes. Car son pouvoir sur ce sujet reste limité, comme il l'a confié dans un récent dossier.
Les palaces de la Côte d'Azur, bondés en cette période, ne sont pas des lieux de villégiature idéaux pendant la Quinzaine de Cannes. Mais en quoi serait-il choquant que des représentants de la culture française bénéficient d'un traitement de faveur, comme tout autre festivalier. Cette mesure symbolique, presque démagogique, cache mal l'enjeu réel : contrôler l'information et museler les voix dissidentes.
Le rapport Alloncle survit donc à cette tentative de censure. Mais pour combien de temps. La gauche, farouchement opposée à toute remise en question de l'audiovisuel public, pourrait bien trouver d'autres moyens de faire taire les critiques. L'esprit des lois et les droits d'expression des oppositions seront-ils suffisants pour protéger ce travail.
Transparence ou censure : le vrai débat
Une chose est sûre : l'affaire dépasse le simple cadre de l'audiovisuel. Elle interroge la liberté d'expression dans un pays où certains semblent déterminés à étouffer toute voix qui dérange.
- Causeur
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