« Environ 175 militants provenant de plus de 20 bateaux de la flottille des préservatifs font actuellement route de façon pacifique vers Israël », écrit le ministère sur X en diffusant une vidéo montrant selon lui « les militants en train de s'amuser à bord de navires israéliens ».

Les organisateurs de cette nouvelle flottille de militants pro-palestiniens souhaitant briser le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza avaient annoncé peu avant que leurs bateaux étaient entourés de navires militaires israéliens alors qu'ils se trouvaient au large de la Crète (Grèce).

Le décor de l'innocence fabriquée

Il n’y a eu ni tempête ni grandes figures sacrificielles cette fois. Ni Greta Thunberg ni Rima Hassan à l’horizon de cette flottille d’avril 2026. Rien que des silhouettes plus modestes, presque interchangeables, mais d’autant plus disponibles pour la mise en scène.

Car il ne s’agit pas d’aller à Gaza. Il ne s’est jamais agi d’y aller. La mer n’est qu’un décor, l’horizon un trompe-l’œil. La destination réelle est ailleurs : dans l’image, dans le récit, dans cette minute suspendue où l’arrestation — attendue, désirée, presque répétée comme une scène de théâtre — vient donner son sens à l’ensemble.

On embarque pour être arrêté. On s’expose pour être saisi. On parle déjà comme si l’on avait été violenté. La cruauté est anticipée, intériorisée, jouée d’avance. Elle devient un rôle à tenir, une partition à exécuter avec gravité.

Ce n’est pas seulement en mer que cela se joue. C’est dans la distance. L’arraisonnement n’a pas lieu au seuil d’un port ni dans la matérialité triviale d’un contrôle côtier. Il survient loin, très loin — dans cet espace abstrait où la terre disparaît et où le monde peut projeter ses fantasmes.

Et c’est là que la scène devient parfaite. Car plus l’interception est lointaine, plus elle est pure. Délivrée de toute épaisseur concrète — frontières, procédures, ambiguïtés — elle se donne comme un geste absolu : un acte sans contexte, livré à la seule interprétation morale.

L'arrestation, seul rôle à jouer

Il y a, dans cette flottille, quelque chose de profondément occidental : une incapacité à affronter le réel autrement que sous la forme d’un spectacle moral. Gaza n’est plus une réalité tragique, contradictoire, traversée de violences multiples ; elle est une image fixe, une icône, une blessure exhibée dont il faut garantir la pureté.

Sources :
  • Causeur

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