Un sondage de grande ampleur mené à Londres par l’institut More in Common entre le 15 avril et le 5 mai 2026 dessine un paysage politique bouleversé pour les élections locales du 8 mai. Réalisé auprès de 2 646 Londoniens, l’enquête révèle un effondrement de 15 points de l’appui à Labour depuis les dernières législatives, tandis que les Verts progressent de 10 points. Avec seulement 28 % d’intentions de vote, le parti de Keir Starmer conserve la première place, mais de justesse.

Les Verts, désormais à 20 %, menacent directement Labour dans plusieurs arrondissements clés. Le parti de Zack Polanski devance Labour de trois points à Hackney et frôle l’égalité dans Islington, Lambeth et Lewisham. Selon les projections, les Verts pourraient remporter jusqu’à quatre arrondissements et figurer en tête dans 16 autres, s’approchant dangereusement d’un tiers des sièges à l’assemblée londonienne.

La chute de Labour dans ses anciens fiefs

Reform UK, quant à elle, réalise une percée remarquée dans les banlieues est et sud-est. Le parti de Nigel Farage devance les conservateurs de neuf points à Havering et est au coude-à-coude à Bexley, ancienne circonscription de Ted Heath. À Bromley, Reform atteint 21,3 % des voix, tandis qu’à Barking et Dagenham, bastion historique de Labour, le parti recueille 24 % des intentions, là où il avait raflé tous les sièges en 2022.

Côté conservateur, la déroute s’annonce cuisante. Le parti de Kemi Badenoch ne conserverait que cinq arrondissements en périphérie londonienne : Bexley, Bromley, Harrow, Hillingdon et Kensington and Chelsea. Les espoirs de gains surprises à Westminster et Wandsworth s’effondrent, Labour y menant respectivement de 11 et 7 points. Les libéraux-démocrates, malgré leur absence de progression notable, restent dominants dans les quartiers aisés du sud-ouest, notamment Richmond, Kingston et Sutton.

Luke Tryl, directeur de More in Common, analyse : « Les élections de 2026 confirment que Londres n’échappe pas à la fragmentation électorale qui secoue l’ensemble du pays. D’anciens bastions de Labour pourraient basculer sous contrôle vert, tandis que Reform grignote les marges conservatrices de l’est londonien. Avec l’apport des indépendants, la carte politique de la capitale pourrait devenir méconnaissable dès le 8 mai.

Un responsable de Labour, cité par le Daily Mail, met en garde : « Les Verts entraîneraient des conseils de chaos dans toute la capitale. Zack Polanski propose un mauvais plan pour Londres, et un mauvais plan pour la Grande-Bretagne. Nous continuerons à nous battre pour chaque voix. Le seul sondage qui compte, c’est celui du 7 mai.

La campagne de dernière minute de Keir Starmer, qui a multiplié les meetings dans la capitale, ne semble pas avoir convaincu les électeurs indécis. Les Verts, portés par un discours écologiste radical et une critique acerbe des politiques gouvernementales, captent une partie de l’électorat traditionnel de gauche, tandis que Reform séduit une frange de l’électorat conservateur déçu par la gestion des frontières et du pouvoir d’achat. La multiplication des candidatures indépendantes ajoute une couche d’incertitude, rendant toute prédiction hasardeuse.

Reform UK et les Verts redessinent la carte londonienne

Les observateurs soulignent que ces résultats pourraient préfigurer un réalignement durable du paysage politique britannique. Londres, longtemps perçue comme un bastion inébranlable de Labour, pourrait devenir le théâtre d’une recomposition où écologie radicale et droite souverainiste se disputent l’héritage des classes populaires et moyennes.

Sources :
  • Daily Mail

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