Alina López, 60 ans, docteure en sciences philosophiques et essayiste, incarne aujourd’hui l’une des principales figures de la disidence cubaine. Son prestige, autrefois cantonné aux cercles académiques, a débordé les frontières de l’île pour en faire, aux côtés de Rosa María Payá — fondatrice du mouvement Cuba Decide —, l’une des références incontournables de l’opposition au régime castriste. Les dernières enquêtes sociologiques révèlent que nombre de Cubains, sur l’île comme en exil, voient en elles l’espoir d’une transition démocratique après six décennies de dictature ininterrompue.
Une intellectuelle sous surveillance permanente
Spécialiste du marxisme et historienne, Alina López se revendique de gauche, mais son engagement en faveur des libertés lui a valu une répression systématique de la part des autorités. Résidente à Matanzas, à deux heures de route de La Havane, elle partage le quotidien des Cubains sous tension : coupures d’électricité, pénuries alimentaires et contrôle policier omniprésent. Son statut d’intellectuelle dissidente la place sous une surveillance constante, où chaque déplacement, chaque prise de parole est scruté.
Le régime cubain, sous la pression des sanctions américaines et de la crise économique, multiplie les appels à l’unité nationale. Pourtant, selon Alina López, ces discours cachent une stratégie plus trouble. « Le gouvernement cubain est en train d’inciter à la guerre civile », affirme-t-elle. Ses déclarations, relayées par les réseaux sociaux et les médias indépendants, visent à alerter sur ce qu’elle qualifie de « manipulation délibérée » pour détourner l’attention des difficultés économiques et sociales du pays.
Rosa María Payá, fondatrice de Cuba Decide, partage cette analyse. Les deux femmes, malgré leurs différences, forment un tandem redouté par le pouvoir. Leur capacité à fédérer au-delà des clivages idéologiques en fait des cibles prioritaires. Leur message, diffusé malgré la censure, résonne comme un appel à la résistance pacifique dans un pays où toute opposition est étouffée dans l’œuf.
Les dernières déclarations de Díaz-Canel, après les tensions avec l’administration Trump, illustrent cette rhétorique de l’affrontement. « Le peuple cubain a montré sa force », a-t-il déclaré, suggérant une préparation à une escalade. Pour Alina López, ces propos ne sont que le symptôme d’un pouvoir aux abois, prêt à tout pour maintenir son emprise.
Le régime joue la carte de l’affrontement
La situation à Cuba reste marquée par un isolement croissant. Les Cubains, épuisés par les privations, attendent un changement que le régime refuse d’envisager. Dans ce contexte, des voix comme celle d’Alina López deviennent des phares dans l’obscurité, malgré les risques encourus. Son combat, bien que solitaire, porte l’espoir d’un renouveau pour l’île.
- El Mundo
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