Le vent a forci à Tenerife, en Espagne. Le paquebot MV Hondius, amarré au port pour stabilisation, achève l'évacuation de ses derniers passagers. En blouse bleue, ceux-ci sont alignés sur le quai, à distance les uns des autres, tandis qu’une équipe réduite reste à bord. Le bateau a été réapprovisionné en essence et en vivres dès le lundi 11 mai. Après plus d’un mois de crise, l’équipage doit acheminer le navire vers les Pays-Bas pour une désinfection complète.
Le capitaine Jan Dobrogowski, soulagé, a salué l’unité et le courage de son équipe. « J’ai été témoin de la force de tous à bord, passagers comme marins », a-t-il déclaré. Les passagers et marins ont été rapatriés dans leur pays d’origine avec une extrême précaution. L’Organisation mondiale de la Santé a émis des recommandations générales, mais chaque pays applique désormais sa propre politique.
Quarantaine record en Europe
Huit passagers du Hondius sont aujourd’hui positifs au hantavirus, selon l’OMS. Ils sont issus de six nationalités différentes. Les pays les plus stricts, comme l’Espagne, l’Allemagne, la Grèce, le Royaume-Uni ou la Suisse, imposent une quarantaine de 42 jours même pour les personnes asymptomatiques, avec des tests réguliers. « Tous les échantillons ont été envoyés au laboratoire, et les cas contacts reçoivent la plus grande attention », précise le Dr Timo Wold, de l’hôpital universitaire de Francfort.
D’autres pays, comme les États-Unis, adoptent une approche moins contraignante. Dix-huit Américains sont rentrés dans la nuit. L’un a été testé positif, un autre présente des symptômes. Tous deux ont été hospitalisés. Les autres ont été conduits vers un centre médical ultra-spécialisé dans le Nebraska pour évaluation et tests avant un éventuel retour chez eux. Les autorités américaines assurent que « le risque pour le public reste très bas ».
Les mesures d’isolement sont décidées au cas par cas aux États-Unis, où la souche en cause ne se transmet pas facilement. En Europe, les protocoles stricts reflètent une volonté de maîtrise absolue du risque. Cette divergence illustre les tensions entre sécurité sanitaire et pragmatisme.
Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de vigilance. La souche des Andes, présente à bord du Hondius, a déjà causé des décès par le passé. La situation rappelle l’importance d’une coordination internationale face aux risques épidémiques.
La désinfection du MV Hondius doit permettre d’éliminer tout risque résiduel. Les passagers et marins, après des semaines d’incertitude, peuvent enfin envisager un retour à la normale. La gestion de cette crise sanitaire révèle les failles d’une réponse internationale fragmentée face aux épidémies.
Washington minore la menace
Les protocoles sanitaires appliqués après l’épisode du MV Hondius s’inscrivent dans une logique de précaution maximale en Europe, tandis que les États-Unis misent sur une approche adaptative. Cette disparité reflète les différences de doctrine entre continents, où la gestion des risques épidémiques oscille entre rigidité et flexibilité.
- France Info
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