Le Conseil de Paix, instance dirigée par les États-Unis et chargée de superviser la gestion d’après-guerre à Gaza, a clairement indiqué qu’il n’exigerait plus d’Israël qu’il respecte les termes du cessez-le-feu d’octobre 2025 si le Hamas ne se conforme pas au cadre de désarmement proposé par le panel international. C’est ce que révèle une lettre consultée par le Times of Israel, signée par le Haut Représentant du Conseil de Paix pour Gaza, Nickolay Mladenov, et par le haut responsable américain Aryeh Lightstone, adressée au chef du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG).
Dans ce document, Mladenov précise sans ambiguïté que les engagements pris par Israël dans le cadre du cessez-le-feu pourraient être considérés comme « nuls et non avenus » si le Hamas n’accepte pas le cadre de désarmement dans un délai raisonnable, déterminé par le Conseil de Paix après consultation des parties. Une formulation qui laisse peu de place à l’interprétation : le désarmement du groupe terroriste palestinien est désormais posé comme une condition sine qua non pour la poursuite des négociations.
Un cadre de désarmement bloqué par le Hamas
Le Conseil de Paix négocie avec le Hamas depuis des mois, subordonnant les grands projets de reconstruction de Gaza — ravagée par deux années de guerre — au désarmement du groupe. Pourtant, le Hamas a systématiquement refusé de se plier à ces exigences, exigeant d’abord la pleine application de la première phase du cessez-le-feu, qui comprenait notamment l’échange otages/prisonniers, l’intensification de l’aide humanitaire et le retrait partiel des troupes israéliennes.
Le document révèle que Mladenov et Lightstone ont tenté de rassurer le Hamas en contactant Israël début avril pour obtenir des garanties sur la mise en œuvre intégrale du plan en vingt points proposé par le président américain Trump. Pourtant, l’accord de cessez-le-feu signé en octobre 2024 ne portait que sur la première phase, laissant en suspens la question du désarmement. Une ambiguïté que le Hamas exploite pour bloquer toute avancée.
La lettre passe en revue huit clauses clés de l’accord d’octobre, issues d’une annexe humanitaire inédite, et souligne qu’Israël s’est réengagé à suspendre toutes ses opérations militaires. Or, depuis le cessez-le-feu, Tsahal mène des frappes quasi quotidiennes à Gaza, justifiant ces actions par la nécessité de neutraliser des menaces « imminentes » contre ses soldats. Une situation qui contredit les engagements pris par Israël.
Parmi les autres termes du cessez-le-feu auxquels Israël s’est engagé figurent l’introduction de 4 200 camions d’aide humanitaire par semaine, la réouverture du poste-frontière de Rafah, le retrait des troupes israéliennes jusqu’à la « Ligne jaune », et la réparation des infrastructures essentielles. Pourtant, les chiffres de l’aide restent bien en deçà des seuils requis, malgré une légère amélioration récente sous la pression du Conseil de Paix.
Le plan en vingt points de Trump prévoit un retrait progressif d’Israël de Gaza parallèlement au désarmement du Hamas. Pourtant, Tsahal a étendu unilatéralement sa présence sur plus de la moitié de l’enclave, une zone qui ne devait rester sous son contrôle que temporairement. Une avancée qui complique davantage les négociations.
Les violations israéliennes du cessez-le-feu
Face au refus du Hamas de se conformer au cadre de désarmement, les émissaires du Conseil de Paix ont renoncé à l’échéance initiale fixée au 10 avril. Le groupe terroriste a finalement soumis sa réponse début avril, mais a largement rejeté les demandes de remise de ses armes, proposant en échange la création d’un État palestinien. Une contre-proposition jugée inacceptable par les médiateurs.
- Times of Israel
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